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Le Miroir

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Lecteur (Succès).png Le Miroir
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Titre: Le Miroir
Titre complet: Le Miroir
Auteur: Berdier Wreans
Skyrim
Compétence Parade
Poids 1
Valeur 50
FormID 0001AFDE
Oblivion
Compétence Parade
Poids 1
Valeur 25
FormID 000243E9
Morrowind
Compétence Parade
Poids 2
Valeur 225
FormID bookskill_block2

Le Miroir est un livre présent dans :

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Contenu du livre Modifier

Le vent soufflait sur la sombre plaine en faisant frémir les branches des arbres. Un jeune homme portant un turban vert clair s'approcha de l'armée et transmis à son commandant les conditions de paix de son chef. Elles furent refusées. La bataille, celle d'Aîn-Kolur, était inévitable.

Ainsi l'avait voulu le chef Iymbez en raison de sa défiance envers l'esprit de la terre et les Urshikalus étaient de nouveau en guerre. À maintes reprises, la tribu avait pénétré sur des territoires qu'elle n'avait pas le droit d'occuper et de nombreuses fois les tentatives diplomatiques avaient échoué. En définitive, on en était arrivé à ce dernier recours. Cela convenait parfaitement à Mindothrax : ses alliés pouvaient gagner ou perdre, mais lui survivrait toujours. Bien qu'il eût déjà fait partie du camp des perdants au cours d'une guerre, jamais, en trente-quatre ans, il n'avait perdu un combat au corps à corps.

Les deux armées se déversèrent comme deux torrents dans la poussière et, quand elles se rencontrèrent, une clameur s'éleva, qui résonna dans les collines. Le sang tombait tel une averse sur la terre desséchée. Les cris de guerre des tribus rivales se mêlaient en une parfaite harmonie tandis que les combattants s'écharpaient. Mindothrax était dans son élément.

Après dix heures de combat sans qu'aucune des armées n'ait reculé, les deux commandants ordonnèrent une retraite simultanée et honorable.

Le campement se tenait dans le parc en pleine floraison d'un ancien site funéraire. Cet endroit rappela à Mindothrax le jardin de son enfance, alors qu'il arpentait les lieux. Des souvenirs à la fois heureux et tristes se mêlaient en lui : la pureté de son ambition d'enfant, son apprentissage de l'art du combat et le déchirant souvenir de sa pauvre mère, une femme magnifique dévouée à son enfant, mais au regard empreint à la fois d'une grande fierté et d'une incommensurable détresse. Jamais elle ne parla de ce qui la troublait mais personne ne fut étonné lorsqu'on retrouva un jour son corps suicidé étendu sur la lande.

L'armée ressemblait à une colonie de fourmis qui s'ébranle. Moins d'une heure après la fin de la bataille, elle s'était entièrement réorganisée, comme par instinct. Tandis que les guérisseurs s'occupaient des blessés, quelqu'un remarqua, avec admiration et étonnement : "Regardez Mindothrax. Il n'est même pas décoiffé.

- C'est un puissant maître de l'épée, répondit un guérisseur.

- On se soucie bien trop de l'épée, dit Mindothrax, tout de même fier d'avoir attiré l'attention. Les guerriers se soucient bien trop de l'attaque et jamais assez de la défense. Quand on va au combat, il faut d'abord penser à se protéger, et frapper l'adversaire uniquement au moment propice.

- Je préfère une approche plus directe, dit en souriant l'un des blessés. C'est ainsi que se comportent les Cendrais.

- Si c'est ainsi que se battent les tribus bjoulsae, alors je renonce à mon héritage, répondit Mindothrax en faisant un signe aux esprits pour leur signaler que ce n'était qu'une façon de parler et qu'il ne voulait pas se montrer blasphémateur. Souvenez-vous de ce que disait le grand maître des épées de l'ouest, Gaiden Shinji : "Ce sont les survivants qui transmettent les meilleures techniques de combat." J'ai combattu dans trente-six batailles et je n'ai aucune cicatrice. C'est parce que je me fie d'abord à mon bouclier, puis à mon épée, jamais l'inverse.

- Quel est votre secret ?

- Il faut penser au combat comme à un miroir. Je regarde le bras gauche de mon adversaire quand je frappe avec mon bras droit. S'il est prêt à parer mon coup, je ne peux frapper. Pourquoi gaspiller une force inutile ? Mindothrax haussa un sourcil. Mais quand je vois son bras droit se tendre, mon bras gauche serre mon bouclier. Il faut deux fois plus de force pour donner un coup que pour le dévier. Quand votre oeil est suffisamment exercé pour savoir si votre adversaire va vous frapper par au-dessus, de côté ou par en dessous, vous apprenez à pivoter pour placer votre bouclier au bon endroit. Je pourrais parer des heures s'il le fallait mais il ne faut que quelques minutes ou même quelques secondes, pour que votre adversaire baisse sa garde et vous permette de le frapper.

- Combien de temps a duré votre combat le plus long ? demanda le blessé.

- J'ai combattu un homme à Ald'ruhn pendant une heure, répondit Mindothrax. Il frappait sans cesse et ne m'accordait aucun répit. Je ne pouvais que bloquer ses attaques. Mais, finalement, il fut trop lent à armer son dernier geste et je parvins à lui fendre la poitrine. Il a porté un millier de coups à mon bouclier et je n'en ai eu besoin que d'un.

- Ce fut donc votre adversaire le plus coriace ? demanda le guérisseur.

- Oh, bien sûr que non, dit Mindothrax en tournant son bouclier de manière à ce que son visage se reflète dans le métal d'argent. Le voici."

Le jour suivant, la bataille reprit. Le chef Iymbez avait fait venir des renforts des îles du sud. À la grande consternation de la tribu, des mercenaires, des Cendrais renégats et même quelques sorcières de la Crevasse, allaient participer au combat. Tandis que Mindothrax regardait se constituer l'armée adverse de l'autre côté du champ de bataille en se coiffant de son casque et en préparant son épée, il songea de nouveau à sa pauvre mère. Qu'est-ce qui pouvait l'avoir tant fait souffrir ? Pourquoi n'avait-elle jamais pu regarder son fils avec autre chose que du chagrin dans les yeux ?

Entre le lever du soleil et le crépuscule, la bataille fit rage. Le ciel sans nuage était le seul témoin des charges répétées des combattants. Dans chaque mêlée, Mindothrax l'emportait. Un Cendrais armé d'une hache fit pleuvoir des coups sur son bouclier mais il les para tous jusqu'à ce qu'il abatte le guerrier. Une lance faillit transpercer son bouclier, mais Mindothrax savait accompagner les coups et il fit perdre l'équilibre à son adversaire qui baissa sa garde. Enfin, il rencontra un mercenaire armé lui aussi d'une épée, d'un bouclier et d'un heaume de bronze doré. Ils combattirent pendant une heure et demie.

Mindothrax tenta toutes les techniques qu'il connaissait. Quand le bras gauche du mercenaire se tendait, il retenait son coup. Quand son adversaire levait son épée, son bouclier se levait aussi et il bloquait l'attaque. Pour la première fois de sa vie, il affrontait un guerrier privilégiant lui la défense. Déterminé, réfléchi et doté d'assez d'énergie pour combattre des jours s'il le fallait. De temps en temps, un autre guerrier, tantôt de l'armée de Mindothrax, tantôt de l'armée de son adversaire, tentait de se mêler au combat. Ces distractions étaient écartées rapidement et les deux champions recommençaient à combattre.

Tandis qu'ils s'affrontaient, échangeant parades et coups, Mindothrax se dit qu'il affrontait enfin son reflet.

Cela devint presque un jeu, presque une chorégraphie, plutôt qu'un combat. Il fallut que Mindothrax fasse un faux pas, qu'il frappe trop tôt et perde l'équilibre pour que cela se termine. Il vit, sans vraiment la sentir, l'épée du mercenaire s'abattre sur sa gorge. C'était un beau coup. Un coup qu'il aurait pu asséner lui-même.

Mindothrax tomba à terre. Il sentait la vie le quitter. Le mercenaire se tenait devant lui et se préparait à donner le coup de grâce à son valeureux adversaire. C'était quelque chose d'étrange et d'honorable pour un étranger et cela perturba grandement Mindothrax. Il entendit alors, sur le champ de bataille, quelqu'un crier un nom similaire au sien.

"Jürrifax !"

Le mercenaire retira son casque pour répondre à l'appel. Alors, par la visière de son heaume, Mindothrax vit son propre visage. Cet homme avait ses yeux, ses cheveux auburn, sa bouche fine et large et son grand menton. Pendant un instant, il resta saisi devant ce reflet de lui-même, avant que l'étranger ne lui donne le coup de grâce.

Jürrifax revint près de son commandant et fut bien récompensé pour cette victoire. Ils se retirèrent pour prendre un repas chaud à la belle étoile dans le parc que leurs adversaires avaient occupé avant eux. Le mercenaire gardait un étrange silence en parcourant du regard les terres qui s'étendaient en contrebas.

"Tu es déjà venu ici, Jürrifax ?" demanda l'un des hommes de la tribu.

"Je suis né cendrais, tout comme toi. Ma mère m'a vendu quand je n'étais encore qu'un bébé. Je me suis toujours demandé ce qu'aurait été ma vie si on ne s'était pas débarrassé de moi. Je n'aurais peut-être jamais été mercenaire.

- Quantité de choses influent sur notre destin, dit la sorcière. Tenter de savoir ce qui aurait pu être n'est que perte de temps. Cela aurait été une toute autre chose, il est donc inutile de comparer.

- Pourtant il y a bien quelqu'un avec qui je pourrais me comparer, répondit Jürrifax en regardant les étoiles. Mon maître, avant qu'il me libère, m'a dit que j'avais un frère jumeau. Ma mère n'avait les moyens d'élever qu'un seul de nous deux, mais je sais que quelque part existe un homme en tout point semblable à moi. Mon frère. J'espère un jour le rencontrer."

Les esprits apparurent à la sorcière et elle sut la vérité. Elle sut que les jumeaux venaient de se rencontrer. Elle resta silencieuse et scruta le feu, la sagesse lui interdisait de parler.

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