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Lecteur (Succès).png Trois voleurs
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Titre: Trois voleurs
Titre complet: Trois voleurs
Auteur: Inconnu
Skyrim
Compétence Furtivité
Poids 1
Valeur 75
FormID 0001B276

Trois voleurs est un livre présent dans :

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Contenu du livre Modifier

"Le problème, avec les voleurs d'aujourd'hui, c'est qu'ils manquent de style !" commença Lledos. "Je sais que l'honneur est un concept qui n'a jamais existé chez nous, mais au moins, autrefois, on savait faire preuve de talent et de créativité ! Où va le monde, je vous le demande..."

Imalyn ricana avec mépris avant d'abattre violemment sa chope sur la table. "Qu'est-ce que tu veux qu'on te dise, B'vek ? Moi, quand je tombe sur un garde, je le plante dans le dos ! Tu voudrais quoi ? Qu'on lui propose une partie de cartes, peut-être ?"

"Beaucoup d'ambition, aucune éducation," soupira Lledos. "Mes chers amis, nous n'allons pas nous en prendre à un touriste nordique fraîchement débarqué du bachot, ce soir ! La Guilde des Cordonniers ne vous impressionne peut-être pas, mais avec tout l'or qui s'y trouve actuellement, la sécurité promet d'être renforcée. Vous n'avez aucune chance d'atteindre les coffres si vous vous contentez de planter tous les dos que vous croisez.

"Et si tu nous expliquais plutôt ce que tu attends de nous ?" demanda doucement Galsiah pour calmer un peu les esprits. La voleuse savait que la plupart des habitués du club de la Fourbe Rouste tenaient trop à leur peau pour laisser traîner leurs oreilles, mais elle préférait ne prendre aucun risque.

"Le voleur ordinaire," commença Lledos en se versant une nouvelle chope, "frappe sa cible dans le dos, entre les côtes. Le coup peut-être fatal, c'est vrai, mais la victime a trop souvent le temps de donner l'alerte. De plus, l'agresseur se retrouve couvert de sang. C'est du travail d'amateur. Un égorgement bien exécuté, par contre, peut tuer un garde en silence, et laisse l'assassin relativement propre. Vous ne comptez quand même pas traverser les rues les vêtements maculés de sang une fois le travail terminé ? Ça éveillerait les soupçons, même à Tel Aruhn."

"L'idéal est de prendre votre cible par surprise, pendant qu'elle se repose. Plaquez une main sur sa bouche, en calant votre pouce sous son menton, et tranchez-lui la gorge d'un geste sec et précis. Surtout, n'oubliez pas de vite tourner la tête sur le côté pour que le sang ne jaillisse pas sur vous. Si vous n'êtes pas sûrs d'être assez rapides, vous pouvez tenter d'étrangler la victime avant de l'égorger. Le sang giclera alors nettement moins."

"Un très bon ami à moi, un voleur de Gnisis dont je préfère taire le nom, emploie une technique différente. Il attrape ses victimes par-derrière et les étrangle tout en leur cognant la tête contre un mur. Dès qu'elles perdent connaissance, il leur tranche la gorge sans relâcher son étreinte. C'est efficace, vous pouvez me croire ! C'est bien simple, je n'ai jamais vu la moindre goutte de sang sur ses vêtements."

"La méthode classique, moins physique que celle de mon ami, consiste à plaquer une main sur la bouche de la victime et à lui taillader la gorge plusieurs fois de suite, un peu comme si vous jouiez du violon. C'est facile à faire, et même s'il y a beaucoup de sang, il jaillit principalement vers l'avant, loin de vous."

Quand vous savez que vous aurez quelques gorges à trancher, n'hésitez pas à vous équiper en conséquence. Les meilleurs coupe-jarrets enroulent généralement un bout de tissu absorbant autour du pommeau de leurs dagues pour éviter de se salir les manches. Je ne vous le conseille pas pour la mission de ce soir, mais quand vous n'avez qu'une ou deux victimes en vue, un bon sac en toile peut être très utile. Il suffit de le mettre sur la tête de la victime, de tirer la corde et de porter tranquillement le coup de grâce."

Imalyn éclata de rire. "Je peux avoir une démonstration ?"

"Tu l'auras bientôt," répondit Lledos. "Si Galsiah a fait son travail."

La jeune femme sortit alors les plans des locaux de la guilde, qu'elle avait volés dans l'après-midi, et les trois comparses se mirent à parler stratégie.

Les dernières heures avaient été particulièrement intenses. En moins d'une journée, les malfrats avaient fait connaissance, formulé leur plan et volé ou acheté le matériel nécessaire. Chacun avait ses doutes quant à ses deux compagnons de crime, mais il était trop tard pour reculer. Les dés étaient jetés. Confiants ou pas, ils pilleraient la guilde cette nuit.

Au crépuscule, Lledos, Galsiah et Imalyn approchèrent du bâtiment, situé à l'extrémité est de la ville. La jeune femme se servit de sa potion de fleur-de-roche pour masquer leur odeur et tromper le flair des loups de garde, et tous trois passèrent par-dessus le parapet. Galsiah joua également le rôle d'éclaireur, et Lledos dut bien reconnaître qu'elle savait y faire. Malgré sa relative inexpérience, elle était aussi discrète qu'une ombre.

L'expertise de Lledos leur fut utile à de nombreuses reprises, et les gardes étaient si variés qu'il put faire la démonstration de toutes les techniques d'assassinat silencieuses qu'il avait mises au point au fil des années.

Grand spécialiste des serrures, Imalyn n'eut aucun mal à ouvrir la salle des coffres, fredonnant une vieille chanson paillarde sur les 99 amours de Boéthia alors que le mécanisme cliquetait doucement sous ses doigts. La petite rengaine l'aidait à mieux se concentrer sur les combinaisons complexes. En quelques secondes, la porte céda et l'or changea de main.
Ils ressortirent moins d'une heure après être entrés. Aucune alarme n'avait été déclenchée, l'or avait disparu et tous les gardes gisaient morts à l'intérieur.

"Bien joué, mes amis, bien joué," fit Lledos en rangeant les pièces d'or dans les poches de sa tunique, spécialement conçues pour les transporter discrètement, sans risquer de les faire tinter. "Vous apprenez vite. Rendez-vous demain matin à la Fourbe Rouste pour le partage du butin."

Sur ces mots, les trois complices se séparèrent. Étant le seul à bien connaître les égouts de la ville, Lledos plongea dans un conduit pour disparaître sous terre. Galsiah se couvrit le visage de boue et s'enroula dans son châle pour ressembler à une diseuse de bonne aventure F'lah, avant de partir vers le nord. Enfin, Imalyn prit le chemin du parc, vers l'est, faisant confiance à ses sens aiguisés pour échapper à la garde.

Il ne me reste plus qu'à leur enseigner la leçon la plus importante, songea Lledos alors qu'il progressait dans la fange des égouts. Son guar l'attendait là où il l'avait laissé, aux portes de la ville, broutant tranquillement les feuilles de l'arbrisseau auquel il était attaché.

Sur la route de Vivec, il repensa à Galsiah et Imalyn. Peut-être avaient-ils déjà été capturés. Quel dommage qu'il ne puisse assister à leur interrogatoire. Qui craquerait en premier ? Imalyn paraissait le plus résistant des deux, mais nul doute que Galsiah disposait de réserves cachées. Cela ne l'inquiétait guère : tous deux pensaient qu'il s'appelait Lledos, et qu'il devait les rejoindre au club de la Fourbe Rouste. Les autorités ne s'intéresseraient donc pas à un Dunmer dénommé Sathis célébrant sa soudaine richesse à Vivec, à des lieux de là.

Alors que le soleil commençait à se lever, il se représenta Galsiah et Imalyn non pas dans un cachot, mais dormant du sommeil du juste et rêvant à la manière dont ils dépenseraient leur part du butin. Nul doute qu'ils se lèveraient tôt pour se rendre sans attendre à la Fourbe Rouste. Il pouvait imaginer la scène sans problème, Imalyn riant à gorge déployée et Galsiah lui intimant de se taire pour ne pas attirer l'attention. Ils boiraient une ou deux chopes de bière et commanderaient peut-être même de quoi manger en l'attendant. Plusieurs heures s'écouleraient et leur bonne humeur s'envolerait peu à peu. Ils éprouveraient ce que tout le monde éprouve en pareille circonstance : la nervosité, puis le doute, l'incrédulité, et enfin, la colère.

Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Sathis atteint enfin sa maison, aux abords de Vivec. Il nourrit son guar, remarquant avec satisfaction que l'écurie était déserte. Elle le resterait jusqu'en début d'après-midi, quand ses serviteurs reviendraient de Gnisis, où ils étaient allés prendre part à la fête de St Rilms. Il était content d'eux et les traitait équitablement, mais il savait d'expérience que les serviteurs étaient incapables de tenir leur langue. Et si jamais ils faisaient le lien entre ses absences et les vols importants perpétrés dans les villes voisines, ils finiraient par alerter les autorités ou par essayer de le faire chanter. C'était humain, après tout. Il préférait donc leur donner une semaine de congés payés chaque fois qu'il préparait un mauvais coup.

Il monta à l'étage après avoir rangé l'or dans le coffre de son bureau. C'était juste, mais il avait prévu de s'accorder quelques heures de sommeil avant le retour de son personnel. Son lit était merveilleusement doux et chaud comparé à l'horrible matelas sur lequel il avait dormi à Tel Aruhn.

Sathis se réveilla en sursaut après un cauchemar. L'espace d'un instant, il lui sembla entendre la voix d'Imalyn fredonnant sa ridicule chanson grivoise. Il resta immobile dans son lit, mais n'entendit pas d'autres bruits que les grincements habituels de sa vieille demeure. Les rayons du soleil entraient par la fenêtre, faisant danser les grains de poussière. Rassuré, il ferma les yeux.

La chanson résonna à nouveau et un cliquetis informa Sathis que la porte de son coffre venait de s'ouvrir. Une forte odeur de fleur-de-roche emplit ses narines. Il ouvrit brusquement les yeux, mais la toile épaisse du sac ne laissait filtrer que très peu de lumière.

Une main de femme se plaqua fermement sur sa bouche et un pouce se cala sous son menton. Au moment où sa gorge s'ouvrait et où sa tête était poussée sur le côté, il entendit la voix calme de Galsiah lui murmurer quelques mots à l'oreille : "Merci pour la leçon, Sathis..."

Apparitions Modifier

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